Le changement dans les organisations ne se décrète pas. Il se cultive — au sens agricole du terme : on prépare le terrain, on sème, on attend, on observe ce qui pousse, on ajuste.

C'est cette intuition qui guide ce que j'appelle le culture hacking : une pratique de transformation qui ne vise pas à casser les systèmes, mais à les ouvrir de l'intérieur en révélant leurs interstices, leurs contradictions, et leurs possibles inexplorés.

Pourquoi « hacking » ?

Le terme peut surprendre. Il ne s'agit pas de piratage informatique, mais de la posture du hacker au sens originel : quelqu'un qui explore un système pour en comprendre les mécanismes profonds, puis qui trouve des chemins inattendus pour le faire évoluer.

Dans une organisation, le culture hacking consiste à :

Le changement ne vient pas de l'information

Une conviction qui guide ce travail : le changement vient des affects ressentis bien plus que des informations reçues. On ne transforme pas une organisation en présentant un rapport, aussi rigoureux soit-il. On la transforme en créant les conditions pour que les personnes qui la composent ressentent la nécessité et la possibilité d'agir autrement.

Cela implique de travailler avec les émotions, les résistances, les peurs et pas contre elles. La lucidité n'est pas le cynisme : c'est la capacité de voir ce qui est, sans s'effondrer ni fuir.

Pas-à-pas

Le culture hacking n'est pas une méthode. C'est une attention. Il ne produit pas de plan de transformation en 12 étapes. Il produit des situations où les collectifs découvrent qu'ils peuvent faire autrement et que ce « autrement » est déjà là, sous leurs pieds.

La performance durable d'une organisation est le produit de ses interactions, pas la somme des performances individuelles. Le culture hacking travaille les interactions.


Cet article s'inspire de la publication Culture Hacking, Les dessous d'un changement systémique, pas-à-pas publiée sur le blog d'Octo Technology dont Alexis est un co-auteur et inspiré de 5 ans de Culture Hacking dans diverses organisations.